À la suite de l’adoption, en séance plénière à l’Assemblée nationale ce vendredi 15 mai 2026, des projets de loi autorisant l’adhésion du Togo au Protocole OPRC-HNS de 2000 et à la Convention FIPOL de 1992, le ministre délégué chargé de l’Économie maritime, Monsieur Edem Kokou TENGUE a adressé ses remerciements aux députés pour ce vote. Voici l’intégralité de son discours.
Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,
Mesdames et Messieurs les membres du Bureau,
Honorables Députés,
J’ai l’honneur de prendre la parole, au nom du Gouvernement, au lendemain immédiat d’un vote dont je voudrais, devant cet hémicycle, mesurer la portée.
La Représentation nationale vient d’autoriser l’adhésion de la République togolaise au Protocole OPRC-HNS de 2000 et à la Convention FIPOL de 1992. En quelques minutes, par la simple levée de vos mains, vous venez d’accomplir ce que des années de travail diplomatique, technique et juridique avaient préparé. Permettez-moi, en cet instant, de vous en exprimer la gratitude du Gouvernement.
« Un vote ne dure que quelques secondes ; il engage la nation pour des décennies ». Le vote que vous venez d’émettre appartient à cette seconde catégorie.
Honorables Députés,
Je voudrais, avant toute autre chose, rendre hommage à la qualité du travail accompli par votre Assemblée.
La Commission des Lois a examiné ces deux textes avec une rigueur qui honore notre démocratie parlementaire. Les questions qui m’ont été adressées étaient précises, exigeantes, et parfois inconfortables — comme doivent l’être les bonnes questions. Vos travaux n’ont pas été ceux d’une chambre d’enregistrement ; ils ont été ceux d’un véritable contrôle parlementaire.
Je voudrais le dire ici sans détour : le Gouvernement sort renforcé d’un débat que la Représentation nationale a conduit à un tel niveau. Car des textes adoptés au terme d’un examen sérieux portent, dans leur exécution, l’autorité de ce sérieux.
« Une loi votée sans débat n’est qu’une formalité ; une loi votée après débat devient un engagement national ». C’est cet engagement national que vous venez de prendre. Et c’est pour cela que je vous en remercie.
Honorables Députés,
Permettez-moi à présent d’élargir mon propos.
Le vote qui vient d’intervenir n’est pas un accident dans la vie de notre pays. Il s’inscrit dans une trajectoire, dans une vision, dans une politique. Et cette politique, nous la devons à l’impulsion constante de Son Excellence Monsieur le Président du Conseil.
Le Togo n’est pas devenu, par hasard, l’une des grandes places portuaires de l’Afrique de l’Ouest. Il l’est devenu parce qu’une vision a été portée, contre les évidences d’hier, en faveur des certitudes de demain. Il l’est devenu parce qu’un Chef d’État a su voir, dans la mer qui borde nos côtes, autre chose qu’un horizon : une frontière, une ressource, une responsabilité.
C’est de cette vision qu’est née la création même du département ministériel que j’ai aujourd’hui l’honneur de diriger. C’est elle qui inspire le triptyque présidentiel — Protéger, Rassembler, Transformer — auquel votre vote vient de donner une traduction juridique concrète.
Protéger : nos côtes, nos pêcheurs, notre environnement maritime.
Rassembler : nos voisins, dans une coopération régionale dont la pollution se moque des frontières.
Transformer : notre place portuaire, en lui donnant le cadre juridique des grandes places maritimes mondiales.
« Aucun de ces trois objectifs n’appartient au Gouvernement seul ; tous, désormais, appartiennent à la nation togolaise ».
Car par votre vote, Mesdames et Messieurs les Députés, vous venez d’incorporer ces engagements internationaux dans notre ordre juridique souverain. Ce qui était politique gouvernementale est désormais loi de la République. Ce qui relevait de l’impulsion présidentielle est désormais volonté de la nation.
Honorables Députés,
Votre vote crée, pour le Gouvernement, des obligations. Et je tiens, devant cette représentation souveraine, à les énoncer clairement.
Le Gouvernement n’entend pas faire de ces deux conventions des textes ratifiés puis oubliés. Le calendrier d’application est prêt. L’actualisation du Plan POLMAR, le renforcement de notre dispositif national de réponse, la mise en place des procédures de remontée des données vers le Fonds international — tout cela commencera dès les prochaines semaines.
Et je m’engage, devant vous, à revenir régulièrement rendre compte. Car ce que vous avez voté, vous devez pouvoir en vérifier l’exécution. C’est la règle même de notre démocratie parlementaire.
« Une ratification sans mise en œuvre est une promesse non tenue ; une ratification suivie d’effets est une parole d’État ».
C’est cette parole d’État que le Gouvernement, sous l’autorité du Président du Conseil, s’honorera de tenir.
Honorables Députés,
Je voudrais conclure par un mot plus simple.
Les textes que vous venez d’adopter n’auront pas les honneurs de la presse. Ils ne soulèveront pas, demain, l’enthousiasme des foules. Aucune cérémonie particulière ne saluera leur entrée en vigueur. Et c’est précisément en cela qu’ils sont importants.
« Les nations sérieuses se construisent dans le silence des textes que personne ne lit, autant que dans le bruit des discours que tout le monde écoute ».
Le pêcheur de Gbodjomé qui, un matin, retrouvera ses pirogues intactes après un incident en mer ; la famille d’Aného dont les revenus seront préservés grâce à une indemnisation internationale ; l’enfant qui, dans vingt ans, héritera d’un littoral protégé — aucun d’entre eux ne saura, sans doute jamais, qu’un jour de mai 2026, dans cet hémicycle, la Représentation nationale a voté deux textes qui ont changé leur destin.
Mais nous, nous le saurons. Et le Gouvernement saura, surtout, à qui il le doit.
Au nom du Président du Conseil, au nom du Gouvernement, et en mon nom personnel, je vous adresse, Mesdames et Messieurs les Députés, l’expression de notre profonde gratitude.
Je vous remercie de votre bienveillante attention.